Quand Rania cause...

Quand Rania cause...

Dis lui

 

Dis, toi qui vas la rejoindre, tu lui diras à quel point je pense à elle ?
Lui diras-tu comme j’ai besoin de la serrer dans mes bras, de la toucher, de la sentir, de la manger et de la boire ?
Lui diras-tu comme je l’aime et qu’elle me manque, elle, si loin bien qu’elle coule dans mes veines?

 

Ne lui dis pas que je pleure, je sais qu’elle a déjà trop de peine.


Pas la peine qu’elle m’imagine, demain, lorsque je serai au pied de la Tour Eiffel, mélanger mes larmes dans l’eau des fontaines.
Je serai debout dans la foule pour rappeler son putain d'anniversaire. Dans la foule, oui, mais mon cœur sera chez elle.

 

Je t’envie, je te jalouse, toi qui rentres, qui sors, qui vas, qui viens, qui arpentes ses jebels, qui traverses ses ruelles, qui croques dans ses falafels.

Je te souhaite de te perdre dans ses souks, d’être abasourdis par les cris des marchands, je te souhaite de t’étouffer dans les cafés à narguilé, je te souhaite…

 

Ha ha ! tu ris ? Oui vas-y, ris…

 

Mon nez brule, il cherche son odeur. Je la connais tu sais, je la reconnaitrai entre mille. C’est ma mère tu sais…

 

Dis, prendras-tu mes yeux ? Prends-les s’il te plait, tu me les ramèneras, je sais.
Prends-les et tu regarderas pour moi du haut de cette colline, le soleil se lever et se coucher au dessus d’Al Aqsa.

 

Je ne veux plus d’image figée tu comprends?
Je ne veux plus rien partager, ni terre ni image, tu comprends ?

 

Dis, prendras-tu mes mains ? Prends-les s’il te plait, tu me les ramèneras je sais. Prends-les et tu cueilleras avec sans scrupules les olives et les oranges.
Ne t’inquiète pas va, ces arbres sont millénaires et ne craignent ni tank ni bombe ni armée.

 

Je n’oserai te dire de prendre ma bouche.
Par pudeur mais pas que... J’en ai besoin ici. C’est pour elle, tu sais.
Ici, pour l’aider, il faut que je crie et parfois, j’écris.

 

Donne-lui ma lettre s’il te plait. Sois ma colombe.

Dis lui que je l’aime.
Dis lui qu’elle me manque.
Dis lui qu’elle m’obsède.
Dis lui que c’est la plus belle.
Même amputée.
Rien n'altère sa beauté.

 

Dis lui que je l’aime ma Palestine.
De Jaffa à Bethlehem, de Gaza à Jérusalem.

 



14/05/2015
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